La Belle au bois dormant

Déc
MAR 09
20h
Opéra de Limoges
Danse
Durée 1h30 | À partir de 12 ans
Nous vous proposons d’aller ensemble voir le spectacle en bus. Départ de la gare routière à 18h.
Tarifs trajet inclus : de 18€ à 43€
Réservation indispensable auprès du théâtre Jean Lurçat.
Que faire en 100 ans ?

Chorégraphie et mise en scène Marcos Morau Musique Piotr Ilitch Tchaïkovski, Juan Cristóbal Saavedra

Distribution Danseurs et danseuses du Ballet de l’Opéra de Lyon Assistant.e.s chorégraphique Ariadna Montfort, Shay Partush, Marina Rodriguez Scénographie Max Glaenzel

Costumes Silvia Delagneau Dramaturgie Roberto Fratini Éclairagiste collaborateur lumière Mathieu Cabanes

Conception sonore Juan Cristóbal Saavedra

Création en novembre 2022 pour le Ballet de l’Opéra de Lyon
Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon en 2022

Production +

Production Opéra de Lyon en coproduction avec L’Établissement public du parc de la Grande Halle de la Villette / Coproduced by L’Établissement public du parc et de la Grande Halle de la Villette
Avec le soutien de Dance Reflection by Van Cleef & Arpels / With the support of Dance Reflections by Van Cleef & Arpels

Marcos Morau
Ballet de l’Opéra de Lyon

La Belle au bois dormant. La reine maléfique. Le prince charmant. La princesse qui se réveille d’un sommeil de cent ans par la grâce d’un baiser. Ces fragments narratifs caractéristiques du conte sont autant d’éléments ancrés dans l’imaginaire collectif, transportant un imaginaire parfois désuet. Ils n’ont cessé de se transformer au fil des versions successives, autorisant de nombreuses interprétations.

Qu’est-ce que ce conte – et le Ballet que Tchaïkovski en a tiré en 1890 – peuvent nous raconter aujourd’hui ? En quoi résonnent-ils avec l’inconscient de l’époque ? Dans un esprit de détournement cher au chorégraphe catalan Marcos Morau, La Belle au bois dormant est un terrain de jeu propice aux relectures, permettant de tisser de nouvelles ramifications entre le conte, la musique de Tchaïkovski, l’esthétique du Ballet et les représentations contemporaines soulevées par cette histoire.

Pour Marcos Morau, les mythes et légendes peuvent servir à débrider l’imagination afin de laisser surgir d’autres images à partir de la matière d’origine : il suffit pour cela de creuser leur substance pour en extraire paradoxes et allégories, exposer leurs questions irrésolues, la polysémie de leur symbolisme.

Afin de réactiver les significations dormantes du conte issu des versions de Charles Perrault et des frères Grimm – Marcos Morau a condensé ce matériau, l’épurant de tout élément décoratif pour se concentrer sur la dilatation du temps ; imaginant un non-lieu paradoxal, à la manière d’un vortex modifiant l’espace-temps, il a conçu un spectacle pour quinze danseurs, réfléchissant notre réalité : « Voilà l’espace que nous laisse cette légende, celui d’imaginer notre propre sommeil de cent ans qui est, en fin de compte, notre propre vie ». Que découvrirait la princesse Aurora si elle s’éveillait aujourd’hui de son long sommeil ? À travers la métamorphose de l’espace et des costumes, La Belle au bois dormant nous invite à une traversée temporelle, où la jeune femme devient un objet de contemplation équivoque pour une assemblée de figures gémellaires – reflétant l’ambiguïté de cette représentation. Utilisant toutes les ressources du théâtre et de la danse, mélangeant les styles dans une fusion esthétique où le Ballet rencontre la singularité de son écriture, Marcos Morau cisèle un univers visuel méticuleux, millimétré ; chaque geste produit un impact, transporte un décalage, implique une chaîne de répercussions à tous les niveaux de la dramaturgie. Costumes, scénographie et lumière concourent ainsi à la formation d’un monde autonome, à l’inquiétante étrangeté, qui génère ses propres règles : un espace-temps fluctuant, peuplé d’images fantômes, où l’organique se mêle au géométrique, l’abstraction à l’incarnation.

Entre illusion et réalité, rêve et cauchemar, cette Belle au bois dormant forme un cortège chaotique, peuplé de figures expressives et énigmatiques, reflétant les doutes et les appréhensions du présent.

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