


Le vendredi 15 mai, Gilles Clément sera l’invité du festival Nature, Climat, Environnement et du Théâtre Jean Lurçat, en partenariat avec la librairie La Licorne. Le jardinier paysagiste échangera lors d’une rencontre sur la santé et l’environnement avec Thierry Thévenin, paysan herboriste. Venez découvrir le rapport au vivant qu’entretiennent ces deux creusois exceptionnels. Rencontre avec Gilles Clément.
Théâtre Jean Lurçat : Vous avez grandi en Creuse, est-ce de ces paysages que vous vient votre vocation de jardinier ?
Gilles Clément : La vocation de jardinier vient d’une expérience de terrain qui date de l’enfance. Le petit jardin de mes parents au bord de la Creuse était pour moi un lieu de découverte permanente. C’est d’abord le monde des insectes qui m’a fasciné. La métamorphose n’y est pas pour rien. Passer d’une chenille à un papillon est un tour de magie. Semer une graine et la voir se transformer en plante qui fleurit en est aussi un.
TJL : Ici, nous avons un lien très fort avec la nature. Comment le définiriez-vous ?
G.C. : En Creuse le lien avec le vivant non-humain est puissant et permanent. Le monde végétal occupe le territoire en grande majorité, le monde animal y est encore présent malgré l’usage de nombreux pesticides encore autorisés.
TJL : Votre jardin de demain, comment le voyez-vous ?
G.C. : Je vois le jardin de demain comme un territoire de haute diversité (animale et végétale) où l’intervention humaine est mineure. Le jardin pourrait devenir une école de la connaissance du vivant non humain. Approche d’un dialogue entre les plantes et les humains.
TJL : Quel regard portez-vous sur la représentation de la nature au théâtre ?
G.C. : Le théâtre a les moyens de mettre en scène cette pédagogie, aujourd’hui encore loin de nos pratiques. Et le pouvoir d’en faire un espace ludique.
TJL : Nature et environnement, une évidence ?!
G.C. : Nature et environnement sont deux termes liés au vivant non-humain sans pour autant signifier la même chose.
Le mot “nature” a été créé par les grecs anciens afin de séparer le vivant non-humain de l’humain lui-même à une époque où un certain animisme existait dans cette culture de l’occident. L’idée étant de pouvoir étudier scientifiquement les plantes et les animaux sans inclure l’humanité. La distance prise entre ces deux mondes n’a fait qu’augmenter avec les sciences dites “naturelles” qui n’inclut pas forcément le vivant humain.
Le mot environnement, récemment créé, désigne l’espace d’accueil du vivant non-humain où apparait la notion d’écosystème c’est à dire un lien de dépendance entre tous les êtres qui cohabitent sur le même terrain dans la même zone climatique. Cette approche n’éloigne pas les humains du reste du vivant, au contraire elle les associe.
Des Apparitions à Aubusson
À l’invitation de la Scène nationale, Fanny Soriano et les artistes de la compagnie Libertivore avec le photographe Philippe Laurençon ont créé une exposition de photographies, intitulée Apparitions. Elles inventent des représentations humaines, ludiques ou étranges au sein des paysages de la Creuse. Les photographies ont été prises à Vallière, Aubusson et ses alentours, ainsi que sur l’île de Vassivière, afin de magnifier les paysages ruraux comme urbains du département. Il s’agit de créer des mirages aptes à saisir le regard, en usant du potentiel unique permis par les techniques acrobatiques. Les corps sont mis en scène pour dialoguer de manière singulière et sensible avec le paysage creusois.
Avec ce même désir de sensibiliser le public à la beauté du vivant, le festival aubussonnais « Nature, Climat, Environnement » accueillera cette exposition.
Du 13 au 17 mai au cinéma le Colbert d’Aubusson, à l’étage. Entrée libre.


