Le vrai taboulé (vert)

Mars
du 8 au 11 mars
Monologue culinaire, politique et intime
Durée 1h05
Cuisine chaotique

Conception et mise en scène Jessy Khalil Interprétation Jessy Khalil Costume Jocelyne Mallet Arrangement Musique Filip TRAD Conception lumière pour format intérieur François Blondel Regard extérieur Chrystel Pellerin

Jessy Khalil
Cie ARam

Sa mission est très claire : le véritable taboulé est vert, et elle a résolu de nous le faire savoir. Il est hors de question que le monde continue de se tromper sur ce point. Le vrai taboulé est vert, avec du persil, de la tomate, du citron et de l’huile d’olive et surtout, surtout, sans semoule, et sans raisins secs.

Jessy Khalil, comédienne libanaise, dévoile dans ce seule-en-scène personnel, sa recette aux saveurs complexes et contradictoires, qui fait écho au mélange chaotique que subit son pays, mais pas seulement. Sa recette désordonnée renvoie au conflit politico-religieux du Liban, victime de guerres de religion, de corruption… Et à la révolution du peuple suite à des années acidulées, gouverné par des ingrédients périmés.

Elle raconte aussi son arrivée en France : sa réalité en tant qu’artiste étrangère assaisonne le tout avec une pincée d’humour. Dans ce pays, elle se retrouve confrontée à la langue des sigles et des acronymes, et la garde alternée, pratique inexistante dans la loi libanaise.

Si son taboulé est joliment vert, son quotidien ne l’est pas toujours. Et si dans sa préparation, le goût du citron est un atout succulent, sa vie ici a parfois un goût très acide. Cette recette, c’est l’histoire d’une comédienne qui défend un plat, l’histoire d’un Moyen-Orient fatigué, l’histoire d’une étrangère qui s’adapte.

Soyez donc prévenus : dans ce taboulé, pas de raisins secs, mais des paroles sucrées et des sourires, qui éclatent tous les clichés et nous touchent en profondeur, droit au cœur.

La Cie ARam est une compagnie de théâtre née suite à un projet de la comédienne et metteuse en scène libanaise Jessy Khalil.

ARam a plusieurs sens en arabe, dont calme, sécurité et sérénité mais c’est aussi le nom d’une ancienne région qualifiée de porte du Proche-Orient. Le paradoxe : cette sécurité rêvée par la région depuis la nuit des temps, a toujours été une perspective et une quête pour ces territoires, subissant un chaos géopolitique chronique, et a toujours été un espoir pour ces peuples, pour qui le calme et la sérénité restent des concepts abstraits presque inatteignables.

ARam continue aujourd’hui de chercher la cicatrisation et la sécurité dans le désordre, de s’interroger sur notre présent, de le dénoncer et d’exprimer ce qui nous anime, nous révolte.